Startups : la recette du succès du « miracle israélien »

Nous avons passé une semaine en Israël lors du Sommet de l’investissement organisé par le fonds OurCrowd. C’était l’occasion de voir de près ce que l’on appelle ici « le miracle israélien » dans la Tech et l’innovation, domaines qui font de ce petit État le plus grand incubateur d’idées et de startups au monde.

Nous avons passé une semaine en Israël lors du Sommet de l’investissement organisé par le fonds OurCrowd. C’était l’occasion de voir de près ce que l’on appelle ici « le miracle israélien » dans la Tech et l’innovation, domaines qui font de ce petit État le plus grand incubateur d’idées et de startups au monde.

Entre le 13 et le 18 février, nous avons entrepris un véritable voyage vers le futur en Israël. Nous y avons été invités par le fonds d’investissement OurCrowd, qui organisait son 10e anniversaire à Jérusalem. Le Global Investor Summit a réuni les plus grands acteurs du capital-risque du monde entier, des startupers, des chercheurs, des professionnels de la Tech, venus découvrir l’univers de l’investissement en Israël. Le Maroc était également représenté par une délégation menée par l’AMDIE, comptant de jeunes entrepreneurs, des investisseurs et des membres de l’administration.

Pour les délégations de journalistes du monde entier, OurCrowd a organisé des visites et des rencontres avec près de trente startupers de son portefeuille tout au long de l’événement.

En dix ans d’existence, ce fonds a déjà investi plus de 2 milliards de dollars dans l’amorçage de projets portés par de jeunes Israéliens. Il compte aujourd’hui plus de 380 startups dans un portefeuille qui inclut la cybersécurité, la foodtech, l’agritech, la fintech, les technologies de l’espace et du monde quantique, la santé, la défense, etc. Cela n’est qu’une petite partie de l’écosystème israélien, qui compte plus de 9 000 startups, dont 74 licornes, ces jeunes entreprises nouvellement créées et déjà valorisées à plus d’un milliard de dollars.

Pour un pays de 9 millions d’habitants, c’est le plus grand nombre de startups par habitant au monde, soit une startup pour 1 000 habitants. En termes de volume, cela donne le vertige : 200 fonds de capital-risque avec un investissement annuel moyen de 10 milliards de dollars, ce qui place Israël en tête des investissements mondiaux dans l’innovation.

Cela fait de la Tech l’un des plus grands moteurs de l’économie locale, contribuant à plus de 10% du PIB et la moitié des exportations du pays, qui ont totalisé plus de 160 milliards de dollars en 2022.

Encore plus impressionnant, cette industrie naissante, presque inexistante il y a moins de deux décennies, représente aujourd’hui 15% des emplois privés dans le pays. Près d’un Israélien sur neuf travaille dans l’univers des startups… Une nouvelle « économie » que seule la Silicon Valley californienne peut rivaliser.

Comment Israël a-t-il réalisé ce « miracle », terme que l’on entend sur toutes les lèvres ici? De nos entretiens avec les startupers locaux, les investisseurs, les responsables publics, nous pouvons dégager une recette simple, efficace et qui s’est révélée gagnante.

Le premier ingrédient qui nous semble essentiel et décisif dans cet essor : l’intervention de l’État. Car si Israël est un pays ultralibéral, le domaine de l’innovation et de l’entrepreneuriat est considéré ici comme une question de souveraineté, une sorte de prérogative régalienne.

Le pays s’est doté depuis 2016 d’une agence publique, l’Autorité israélienne de l’innovation, à l’origine de l’émergence de tout cet écosystème de startups.

Selon le schéma que nous ont décrit plusieurs personnes rencontrées sur place, cette autorité intervient principalement à travers deux formules.

La première est une approche dite « bottom-up », où l’autorité reçoit des demandes de financement de toutes parts pour des projets innovants. Cela va du projet modeste porté par un jeune à un grand projet porté par un industriel ou une multinationale installée sur place. Les dossiers sont étudiés, et l’autorité finance, au terme du processus de sélection, la moitié des frais de recherche et développement.

« Le seul critère pour choisir un dossier, c’est son apport en termes d’innovation et de développement. Mais à deux dossiers équivalents, la priorité est donnée au projet ou au secteur où il n’y pas d’investissement et de financement privés. Car l’autorité n’a pas vocation à remplacer le privé, mais à constituer un complément, à faire émerger de nouvelles choses, de nouveaux projets, de nouveaux secteurs où le privé viendra investir par la suite », souligne un responsable de l’Autorité israélienne de l’innovation.

L’intervention étatique prend ici la forme d’un prêt. Mais un prêt pas comme les autres. Car, dès le départ, cette agence, qui tourne avec un budget annuel de 500 millions de dollars, intègre le facteur risque, l’échec.

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